vendredi 14 avril 2017

Samantha Fish chante le blues et la soul comme si sa vie en dépendait



Voilà une chanteuse qui m'impressionne. Lancée dans la catégorie blues rock depuis son premier album, publié en 2011, Samantha Fish a su progresser rapidement album après album, tournée après tournée, en retenant les leçons de son mentor Mike Zito (une référence dans la catégorie). Et voilà que pour son quatrième album elle se remet en question. Plutôt que de rester cantonnée  dans son rôle de "girl with guitar" (même excellente) ou blues rockeuse, elle brise l'étagère où certains croyaient la ranger.



Sur ce disque, elle flirte, papillonne autour de différents styles musicaux comme le R&B, le garage rock ou "Motown", voire le rockabilly, selon les chansons.

L'écoute de Samantha Fish est comme ouvrir la fenêtre le matin après une nuit blanche. Sa voix bluesy est à la fois une brise bien fraîche et un doux rayon de soleil, soufflant soufflant les restes de brouillard nocturne, chassant l'obscurité et affranchissant l'esprit. Ses chansons ne sont pas spécialement gaies, mais elle les présente d'une manière si touchante que son approche rend l'auditeur (trice) heureux (se), même si ses mélodies sont souvent pleines de douleur. C'est un paradoxe. Oui. Mais il est un merveilleux.

Le premier billet que j'ai écrit à propos de Samantha Fish s'intitulait "le diamant brut du blues". Les choses ont bien changé en quelques années. Aujourd'hui, la guitariste américaine nous présente un album travaillé avec une  délicatesse et une méticulosité qui en font diamant joliment taillé avec de multiples et inattendues facettes que l'on découvre au fur et à mesure des écoutes.



Du haut de ses 28 ans elle utilise sa voix et son jeu de guitare pour donner DES âmes à ses chansons. elle met en valeur les textes d'auteurs américains réputés comme Jerry Ragavoy, Bert Berns et Jackie De Shannon. Cet album est à la fois complexe pour qui s'attarde sur les détails de la création et reste très accessible aux auditeurs. Une sensation addictive qui incite à l'écouter en boucle.

C'est la diffusion de la culture par le partage que permettent les technologies liées au réseau internet qui ont permis à Samantha Fish de découvrir la musique dite "Old School".

Dans une interview, elle affirme que tous les enfants de sa génération intéressés par l'internet ont découvert en navigant sur le web les grands anciens. "Si vous êtes intéressé par le blues ou la musique Soul, comme je l'étais, vous pourrez tout trouver sur le Web. j'ai découvert ce genre de musique en écoutant Stevie Ray Vaughn et les Stones. Ils m'ont guidée vers des gens comme les guitaristes Howlin Wolf, Hubert Sumlin et Fat Possum ou Junior Kimbrough. Plus j'écoutais ce genre de musique, plus je l'aimais."



Passée de la batterie à la guitare à l'âge de 15 ans, Samantha Fish s'est retrouvée à visiter tous les pubs de blues sa ville, Kansas City, en écoutant toutes sortes de musiques "roots". A peine sortie de l’adolescence, elle a été remarquée et a "signée" chez le label Ruf Records. Quatre albums plus tard on retrouve une artiste mature et complexe qui a su intégrer les expériences partagées avec des musiciens comme Devon Allman ou Luther Dickinson, intégrer dans son jeu les styles musicaux qui ont influencé son adolescence.

Son album contient quatorze titres et s'ouvre sur: "He did it": une vieille chanson des Ronettes publiée en 1965

"Chills and fever": une chanson créée par Ronnie Love en 1961. Tom Jones l'a reprise avec succès en 1964. L'interprétation de Samantha Fish est bien plus proche de la création originale que de la reprise, un peu brutale de Tom Jones. Voilà une chanson plaisante. On y retrouve, quelque part, l’âme de Amy Winehouse

"Hello Stranger" a été créé par Barbara Lewis en 1963. Cette chanson a rencontré un grand succès à l'époque et a été reprises par des artistes aussi diverses que Yvonne Elliman ou Queen Latifah. Ce style musical au confluent entre soul et jazz reste fort agréable.

"It’s Your Voodoo Working" a été créée en 1961 par Charles Sheffield. Ce n'est pas de première jeunesse. Mais la chanson a été dépoussiérée et revivifiée avec talent.

"Hurt’s All Gone" est la face B d'un 45 tour de Irma Thomas publié en 1965.

"You Can’t Go": je n'ai pas trouvé de source ni d'auteur. si un(e) lecteur (trice) connait cette chanson, je suis preneur pour toute information



"Either Way I Lose" a été créée par Nina Simone. Dans sa reprise de Samantha Fish est à la hauteur de l'enjeu. Il fallait avoir du cran pour s'attaquer de cette façon à un tel monument.  Samantha n'est pas Nina. Elle le sait. Elle a mis tout son cœur pour s'approprier la chanson.

"Never Gonna Cry" un morceau créé par "The Cineema" un groupe qui m'était inconnu à ce jour. Et pourtant cette mélodie parle à mon oreille. Peut être a t'elle été reprise par d'autres sans que je n'arrive à retrouver qui.

"Little Baby" je n'ai pas trouvé de source ni d'auteur. si un(e) lecteur (trice) connait cette chanson, je suis preneur pour toute information

"Nearer to You", une jolie balade soul mais je n'ai pas trouvé de source ni d'auteur. si un(e) lecteur (trice) connait cette chanson, je suis preneur pour toute information

Samantha Fish 2017-04-06 St. Petersburg Florida - The Palladium - Nearer To You





"You’ll Never Change": une chanson interprétée, en 1963, par Betty Lavette. Là encore Samantha Fish s'est attaquée à un monument de l'interprétation. on sent bien, en écoutant les deux artistes en suivant que l'une est marquée par sa vie et l'autre y exprime toute l’ardeur de sa jeunesse mais aussi une certaine naïveté candide qui va avec.

"Crow Jane": un blues créé en 1967 par Skip James. où comment transformer un petit blues acoustique bien sage en une chanson électrisée, agressive au fuzz  démesuré. La transformation est stupéfiante mais reflète bien la personnalité de l'artiste.

"Somebody’s Always Trying" une chanson de Ted Taylor datant de 1964. L'interprétation de Samantha Fish est assez semblable à celle du créateur.

"I’ll Come Running Over" créée par une certaine Lulu, cette chanson a une rythmique bien proche de celle de "Every Needs Someone to Love". Les similitudes sautent aux oreilles.

Samantha Fish - Chills & Fever - live Portail Coucou France 30 mars 2017

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