samedi 11 octobre 2014

Joe Bonamassa dévoile toutes les facettes du blues (L'essentiel)



ESCH/BELVAL – Le guitariste et ses très bons musiciens n'ont lésiné ni sur le temps ni sur la qualité samedi à la Rockhal.

Ce sont deux concerts que Joe Bonamassa a presté samedi à la Rockhal, une acoustique et un électrique. En complet veston clair et lunettes fumées, l'Américain a débuté la soirée encerclé de grattes sèches parmi lesquelles il piochait. Face à lui, un public assis. Une bonne chose pour un rendu intimiste car une marée humaine assez mature occupait tous les sièges de la grande salle.
Ce soir-là, il jouera certains de ses titres mais aussi des reprises retravaillés à sa sauce groovy. Il se défend à la voix, mais le jeune pourvoyeur de blues (37 ans) est essentiellement un guitariste hors pair servi par de solides musiciens.



Les morceaux étirés avec une précision métronomique auront permis à chacun de faire preuve de sa maestria. Le clavier de Derek Sherinian se faisait parfois jazzy. La mandoline de Mats Wester avait des accents folks. Le violon de Gerry O'Connor des reflets de balade irlandaise. Et Lenny Castro noyé dans son tas de percussions était juste hallucinant. La partie acoustique pliée, on a branché la prise. Et la soirée a pris un virage rock. La composition du groupe avait partiellement changé. Les instruments étranges comme la nyckelharpa ont disparu, remplacés par une batterie pilotée par Tal Bergman et une basse, maniée par Carmine Rojas.

Les percussions calmaient la stridence nouvelle des cordes. La voix s'est faite plus rare au profit d'une double ration de guitare qui s'est mise à pleurer en se gonflant d'énergie. Mais la recette qui consiste à user et abuser des changements d'humeur reste. La musique est ralentie et étouffée tandis qu'on répète inlassablement le même accord avant de brutalement trancher dans le vif pour repartir de plus belle. Au bout de 2h30, le public a quitté sa place pour s'agglutiner devant la scène. Et c'est sur un dernier lâcher de guitare que s'est terminé le concert. Enfin pas tout à fait… Joe Bonamassa s'est encore fendu d'un solo et d'un titre avec l'ensemble de ses musiciens qui a porté le concert à 2h45.

Séverine Goffin/L'essentiel


Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire