lundi 19 mai 2014

Samantha Fish le diamant brut du blues

Au sein d'un article consacré à la place que prennent les femme dans la musique blues et plus particulièrement les guitaristes,nous avions évoqué Samantha Fish. considérant que cette artiste mérite bien mieux qu'un petit paragraphe, nous vous présentons ses deux albums solo.
 
Originaire de Kansas City, Samantha Fish a commencé la musique comme batteur l'âge de 15 ans elle est passée ensuite à la guitare, instrument plus calme et moins gênant pour la famille. Considérant qu'elle joue de l'instrument depuis moins d'une décennie , sa progression est stupéfiante..

Certains la considèrent  « Comme la réponse de l'Amérique à la jeune génération du blues britannique ».













Les deux premiers albums ont été produits par Mike Zito et édités chez Ruf Records société allemande qui gère les carrières d'artistes reconnus comme Anna Popovik, Joanne Shaw Taylor, Canned Heat ou les intérêts des héritiers de feu Luther Allison.

Elle s'est fait connaître au travers de tournées organisée par son éditeur, en 2011 et 2012 « Girls with guitars » en compagnie de Cassie Taylor et Dani Wilde. Le clavier me démangeant à propos de ces tournées nous y reviendrons dans un article ultérieur.

D'ailleurs, les nombreuses vidéos distillées en streaming par les hébergeurs attestent de la classe de Samantha fish sur scène. Au delà des albums, c'est là qu'une vrai artiste explose.








Discographie


Run ayway (2011)


Quand il a écrit , "Vous devez souffrir si vous voulez chanter le blues , " le bluesman David Bromberg parlait ironiquement de la nécessité apparente d'avoir une longue,  et de préférence triste, expérience de la vie pour pouvoir jouer du blues . Toutefois, si vous êtes âgée de 22 ans, vivez dans le Midwest,  pouvez-vous vraiment chanter le blues ?

La réponse est oui , surtout quand votre maitrise technique vous porte. Samantha Fish le démontre magnifiquement dans ce premier album solo. Certains la comparent à Alvin Lee de Ten Years After , alors que d'autres la placent dans le panthéon des guitaristes féminins contemporaines , y compris Ana Popovic . Mais elle n'est pas un simple clone , Samantha Fish est aussi inventive dans son jeu musical.

Cet album montre que Samantha Fish connaît les idiomes : swamp, boogie, rockabilly, driving blues-rock, et même le torchy jazz . Elle utilise quelques plans classiques ici ou là. , elle les  réinvente, avec son jeu d'accords complexes . L'utilisation du multi-tracking sur ce CD lui permet d' enrichir la texture musicale des morceaux  en jouant en contrepoint d'une session à l'autre. Les chansons originales finement travaillés abordent des thèmes communs , sans clichés , par les paroles ou la musique .

Alors que les chansons peuvent suggérer des influences comme Susan Tedeschi , Bonnie Raitt , ou  Joss Stone , Samantha Fish n'imite pas n'importe qui. Runaway est un album est un cocktail issu de nombreuses influences. Il est le résultat d'un beau travail et de sa capacité expressive de chanter , et exprimer, le blues. Dans sa voix transparaissent ses vingt deux ans. Mais elle chante juste. C'est le plus important.

Cet album intègre huit titres originaux et deux « covers », deux reprises. Parmi les chansons les plus intéressantes, on peut noter :
le morceau d'ouverture, « Down In The Swamp », dont la densité annonce la couleur ;
la chanson-titre aux accents de rockabilly ;
« Today’s My Day », sonne comme un inédit d'un album Bonnie Raitt. Samantha Fish s'y essaie à la guitare slide ;
« Feelin ' Alright » expédie l'auditeur dans un club de jazz enfumé rappelant Cassandra Wilson ou encore Nina Simone. il termine en beauté le CD .
« Louisiana Rain », une reprise de Tom Petty,  évoque des sonorités country fort agréables.

Au final ce bel album ouvre une carrière que l'on peut espérer prometteuse. Les « professionnels de la profession » ne s'y sont pas trompés en récompensant Samantha Fish du  titre de  « Best New Artist Debut category »  début 2012 dans la catégorie « Blues Music Awards »



Black wind Howlin' (2013)

Voilà un  CD dont l'audition met de bonne l'humeur son auditeur.

Samantha Fish parvient avec un mélange fascinant de riffs de guitare bien lourds, de chant mélodique et les paroles à la hauteur à donner homogénéité et puissance à son album.

Le titre orageux de « Black Wind Howlin' » définit le ton de l'ensemble et vous plonge dans une atmosphère orageuse tout au long des 12 morceaux. On ressent  un style de blues à la fois classique et frondeur par rapport aux canons habituels.

L'album fonctionne bien. Le chant clair de Samantha où chaque mot est articulé avec clarté d'un côté ses qualités de guitariste de l'autre s'illustrent mutuellement et vous font vibrer. . voilà une combinaison de deux qualités plutôt rare.  Plusieurs titres originaux représentent des échantillons de la  vaste gamme d'influences qui forgent sa musique

« Miles To Go ' » dont le thème musical illustre bien le style de vie intemporelle du musicien de tournée  et cette course contre la montre ainsi que l'angoisse de l'artiste d'arriver à temps à son show ;
« Who’s Been Talking? » offre un clin d'œil à Howlin' Wolf  grâce à la présence de l'harmonica l'harmonica La puissance de ce morceau le fait plus résonner lui même comme un futur classique que comme un hommage .
« Sucker Born ' » la complémentarité entre les riffs de guitare bien durs et la voix douce et féminine de Samantha Fish fonctionne bien  .

Elle a produit un album avec la collaboration de Mike Zito qui couvre toutes les bases dont la ballade country « Las september » .

Les autres morceaux reprennent la tradition narrative du blues classique qui chante de la repentance et de vengeance.

Cet album est l'exemple d'une réussite où le résultat final de l'album complet dépasse les talents individuels de ceux qui ont collaboré à sa création. C'est tout l'art d'une bonne production.
 
 

Je vous invite lire la critique de cet album sur le « deblocnot »  http://ledeblocnot.blogspot.de/2013/11/samantha-fish-black-wind-howlin.html



Wild Heart (2015)
un article complet est consacré à cet album sorti le 10 juillet 2015 :
Samantha Fish explore de nouveaux territoire musicaux avec « Wild Heart »


Ses collaborations

 Girls with guitar (2011/2012)

  On ne peut pas ignorer sa participation évoquée plus haut à « the blues caravan » organisée par son éditeur Ruf Records depuis 2005. en l'occurence cette année là, du fait de la participation de trois femmes guitaristes, la tournée et le double album qui en découla s'intitula « girls with guitars ». Samantha Fish, Cassie Taylor (bassiste et fille de Otis taylor) et Dani Wilde on tourné ensemble en 2011.

Ce disque s'ouvre un titre des Rolling Stones, « Bitch », Ttrois des morceaux sont signés de l Cassie Taylor, la bassiste, trois autres de Dani Wilde et trois de Samantha Fish. Un autre titre est coécrit par les trois demoiselles et le douzième, enfin, est une reprise de Paul Pena, le chanteur-guitariste-compositeur américain d'origines capverdienne décédé.

Batterie : Jamie Little, un jeune batteur anglais
Mike Zito, qui assure des parties à la guitare et à la slide (coproducteur des albums de Samantha fish depuis)

Cassie chante et tient la basse. Samantha chante et joue de la guitare rythmique, de la guitare solo et de la slide, et Dani chante, assurant la guitare solo ou la rythmique quand il le faut. 




Lors de la tournée 2012 Cassie Taylor fut remplacée par Victoria Smith

Il existe une version « live » datée de 2012.






















Un petit bijou pour terminer...



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