samedi 15 novembre 2014

Paul Personne fait de la résistance Nouvel album, Puzzle 14 (RFI)









Moins gourmand qu'au début de cette décennie où il avait livré deux albums presque coup sur coup (Face A et Face B), Paul Personne n'a en revanche rien perdu de sa dextérité légendaire. Son Puzzle 14 s'inscrit dans la continuité et fera le bonheur des amateurs de solos de guitare.




Il est temps de lui décerner une double médaille : du mérite pour l'ensemble de son œuvre et de l'abnégation pour cette faculté à tracer son bonhomme de chemin loin du miroir aux alouettes. Paul Personne semble condamné à un destin d'icône pour chapelles, avec tout ce que cela comporte d'excellence, mais aussi de confidentialité.

Ne pas compter sur ce nouveau chapitre, le quatorzième précisément, pour le voir user de synthés ou recourir à d'autres artifices. La séduction mécanique, ce n'est pas son truc. La tyrannie de la nouveauté, non plus. Il ne fait que ce qui lui convient, c'est-à-dire creuser encore et encore le même sillon. Donc du blues rock détonant, comme il sait si bien le distiller. C'est un disque à l'ancienne, riche d'une certaine fluidité stylistique et dévoilant une facette plus groovy que les dernières livraisons.

Paul Personne n'a guère besoin de lire des encyclopédies. Il branche son ampli, enfile sa Gibson et la fait gémir en toute liberté. Entre plainte et rugissement, les solos de guitare échevelés et passionnés prennent le pouvoir. Ils occupent l'espace-temps, s'étirent parfois jusqu'à plus soif. C'est son terrain de jeu favori, sa manière de s'exprimer, d'assembler ses pièces.

En compagnie de son groupe À l'Ouest, il va là où le cœur le mène. D'humeur apparemment désenchantée et obnubilée par le temps qui passe, Paul Personne donne l'impression de vouloir fuir cette société frénétique. Succincts – hormis Mainmise - et aux motifs répétitifs, les textes n'ont pourtant pas le même éclat que ses assauts mélodiques. Reste dix doigts qui continuent, eux, de vibrer à l'unisson.



mardi 11 novembre 2014

Manitas de Plata, ci-gît le gitan ( Libération)


Comment le guitariste de Montpellier, décédé mercredi, est devenu une figure mondiale de la world music.

New York, le 24 novembre 1965. Un musicien français remplit le prestigieux Carnegie Hall, temple du classique et du jazz. La demande est telle qu’un nouveau concert est programmé le 4 décembre. Et un autre le 18. Comment Ricardo Baliardo, alors guitariste gitan analphabète de Montpellier, qui n’est pas une vedette dans son pays, a-t-il réussi pareil exploit? On peine aujourd’hui à imaginer ce que fut le succès planétaire de Manitas de Plata, qui s’est éteint paisiblement, mercredi, dans une maison de retraite de Montpellier, à l’âge respectable de 93 ans. Son importance dans l’histoire de la musique populaire est double : il a fait connaître la guitare flamenca à un vaste public de non-initiés, avant d’ouvrir la voie à ses enfants, neveux et petits-enfants réunis au sein de Gipsy Kings.

samedi 8 novembre 2014

Interview : Beth Hart (Le Républicain lorrain)

Musique - La chanteuse américaine Beth Hart a connu la drogue et l'alcool avant de gagner, à 19 ans, l'émission Star Search aux États-Unis. Elle côtoie désormais les plus grands.

Peut-on dire que votre musique est un mélange de soul, blues et jazz ?

Beth Hart : Oui, mais il ne faut pas oublier le rock'n'roll. Et même si mes shows ne sont plus aussi rock qu'à mes débuts, il m'arrive encore de chanter Whole Lotta Love de Led Zeppelin...

dimanche 2 novembre 2014

Chains & Things de BB King à Joe Bonamassa


Cette chanson a été créée par BB King. Elle a été publiée sur le 18 eme album du légendaire guitariste "indianola Mississipi Seeds" en 1970. Joe Bonamassa a repris ce morceau légendaire sur l'album "Black Rock" publié en 2010

lundi 27 octobre 2014

La douce soul de Bettye Lavette










Betty Lavette,  Voici un nom qui ne résonne pas forcément dans l’inconscient collectif des amateurs de musique. Seuls quelques passionnés de l’histoire de la musique la connaissent. Son registre musical et son timbre de voix trop proches des création de Tina Turner ont longtemps été écrasé par la prestance de cette dernière. Quand on l’écoute, on se dit de c’est dommage.

Après un premier 45 tour en 1962, et une longue période de disette  musicale, elle a fini par rencontrer le succès en venant se produire en Europe. Cela me rappelle, quelque part l’histoire de Calvin Russell qui avait fait de même au tournant des années 90. On disait de lui qu’il était le plus français des texans.


jeudi 23 octobre 2014

JAZZ COSMIQUE: Sun Ra, soleil noir (Libération)

Herman Poole Blount a illuminé le jazz de sa philosophie cosmique pendant près d’un demi-siècle. Son Arkestra, école refuge de musiciens affranchis, poursuit son œuvre à Philadelphie.

«Le concert n’était pas spectaculaire en termes d’effets scéniques - on sentait qu’ils étaient un peu fauchés - mais plutôt en termes d’atmosphère bizarre. Il était spectaculaire parce qu’il présentait une vision du monde tellement occulte, tellement différente, pour nous dans le public, que les seules réponses possibles étaient un refus complet ou une empathie instinctive pour un homme qui a choisi de rejeter tous les attributs d’une vie normale pour devenir un être d’ailleurs…»

Le journaliste et musicien britannique David Toop ne s’est toujours pas remis du premier concert de Sun Ra et son Arkestra au Royaume-Uni, en novembre 1970. Le groupe américain est alors au début de sa première tournée en Europe et le public découvre son univers total et exubérant.