mercredi 29 janvier 2014

Les femmes s'invitent sur la planette blues

Depuis les origines, dans le monde du blues les femmes sont le plus souvent restées cantonnées au rôle de chanteuse. Voix célèbres ne manquent pas. De Big Mama Thornton à Rory Block. Elles savent faire bondir nos émotions au son de leur voix. Si les américaines dominent le sujet, les françaises comme Rachelle Plas ou Nina Van Horn ne sont pas en reste. Les instrumentistes restent , le plus souvent dans l'ombre. J'aurais du écrire restaient, car les choses changent.

Blues Caravan







Parmi les musiciennes que je connais, la guitariste qui, la première a atteint un succès estimable  est Minnie Memphis. Née en Louisiane  au tournant du siècle, elle enregistra à partir de 1929 un certain nombre de morceaux, dont certains devinrent des « standarts », en duo avec ses maris successifs.. Son style préfigure ce qui deviendra « le Chicago Blues ».


Elle est décédée en 1973 laissant derrière elle des compositions classiques comme "Bumble Bee Blues", "Me and My Chauffeur Blues", "If You See My Rooster" ou "Black Cat Blues".



 

Sue Foley photo DR




Il semble que la relève se soit faite un peu attendre. Mais peut être  ma maîtrise de l’histoire du blues est nettement insuffisante. Il faut patienter jusqu'aux années quatre vingt dix pour qu’une guitariste brise à nouveau le plafond de verre du succès. C’est la canadienne Sue Foley, qui la première me fit dresser une oreille attentive. Un coup de foudre.

Sue Foley, d'abord influencée par le punk rock vint au blues après avoir écouté la chanteuse texane Angela Strehli.  Elle est non seulement une guitariste chanteuse de grande classe sachant titiller les émotions de son auditoire jusqu'au plus profond des tripes, mais elle fait un gros travail sur les femmes guitaristes. Travail qui a abouti, en 2010, à la parution d'un DVD intitulé : "Guitar Woman" (Alfred's Artist Series Instructional DVD)

Elle est à l'origine d'une douzaine d'album à ce jour dont certains en duo avec Peter Karp.


Dans le sillage, Déborah Coleman sortit son premier album en 1995. Je l’ai découverte avec son premier CD importé en France : "Soul be it" (Blind Pig records, 2002). Un album concert. L'importateur a compris la véritable essence de l'artiste. L’alliance parfaite entre sa voix et ses rifs précis et clairs m’avaient laissé interdit. Le fait qu’elle interprète ses propres créations n’est pas pour rien dans cet équilibre.

Sa discographie est peu abondante. Sa préférence pour la scène est nettement marquée. Et ses concerts sont à la hauteur de sa réputation.


J'aime sa façon de chanter. en laissant légèrement en retrait sa voix par rapport à son interprétation musicale,elle laisse en avant la sensibilité de sa guitare. Une guitare au son chaud et enveloppant qui met en avant ses mélodies.







2003 ; coup de tonnerre dans les mondes entremêlés du blues, du jazz, du funk et du rock. La petite serbe Anna Popovic débarque à 27 ans avec un premier album explosif :. Comfort To The Soul (Rufs records 2001). Sa façon de mêler les diverses influences musicales est fascinante. Jamais elle ne se laisse enfermer dans une case et toujours elle rebondit au son clair de sa Stratocaster. Depuis que je suis sa carrière et ses créations, je ne me lasse pas de l’écouter.


Oui aussi bien sa musique que ses textes. tous deux sont complexes et d'une finesse rare. Elle prend le contre pied de certaines traditions blues. Plutôt que de marteler les mêmes mots autour du thème principal d'une chanson, elle suit le cheminement de ses idées en harmonie avec sa musique. a un point tel que l'on ne sait plus si ce sont les mots qui illustrent les notes ou ses phrasés musicaux qui enrobent ses vers.





La petite vie à écouter les guitaristes féminines était bien tranquille quand a débarqué, de front une nouvelle génération de musiciennes nées au milieu des années quatre vingt.

Orianthi et Alice Cooper
Orianthi. Une jeune australienne précoce (elle a démarré la guitare à 6 ans) Très rock, elle mixe sa jeune carrière entre album solos (quatre à son actif à ce jour) et accompagner des artistes de renommée comme Alice Cooper ou feu Mickael Jackson sur la tournée « this is ». Comme beaucoup d'artiste elle a commencé sa carrière sur scène en reprenant des classiques, de Steve Vaï à ZZ top, dans les pubs. Mais l'occasion qui a boosté sa carrière a été sa rencontre avec Carlos Santana et une démonstration de virtuosité sur scène. Avec l'appui du maître, elle a pu produire un disque, trouvé des sponsors et lancé sa carrière aux USA.



Son dernier album "Heaven in this hell" montre que son jeu éclectique renforce la puissance des morceaux blues rock. Elle a beaucoup gagné en maturité. La présence de l'inévitable Dave Stewart, ancien d’Eurythmics, à la production y est peut être pour quelque chose.







Joanne Shaw Taylor est anglaise elle a elle aussi quatre albums à son actif dont un live sorti en 2013. De tendance blues plus marquée qu’Orianthi, les esprits d’ Albert Collins et Steve Ray Vaughan hantent sa musique.

Dave Stewarts qui est décidément partout, l’a découverte. Oui, il est pas mal en "pouponneur" de jeune talents. Son appréciation résume bien le fond de ma pensée à propos de l’artiste : : " … cette jeune Anglaise joue de la guitare avec une fougue et une passion qui m'ont fait dresser les cheveux sur la tête…"

Il n'est pas le seul à subir son charme A chaque tournée les salles sont combles et le public en redemande.

Cette fille a l'âme bleue et ira loin.







Samanatha Fish., américaine de Kansas City, est rentrée plus récemment dans le circuit du blues. Elle n'a que deux albums à son actif. Elle est servie par une voix roque et un tempérament de feu. Le son de sa guitare est lourd et assez noir. Elle réunit tous les ingrédients pour pour que l'alchimie de son blues envahisse ses auditeurs.

 Une artiste en devenir.



On ne peut oublier Nina Attal. Jeune auteure compositrice, elle est née en 1992,.En fait, je ne sais plus où classer ce phénomène de la guitare française. Par certains côtés, elle me rappelle Ana Popovic. Son style musical à la croisée du blues, de la soul et du funk n'y est pas pour rien. J'admire sa détermination : texte, musique et production des albums sont entièrement sous sa maîtrise. J'apprécie sa maîtrise de l'anglais. Mais d'autres ont déjà montré que la langue de Paul Personne s'accorde aussi bien au blues ou au groove que celle de James Brown.

Sur scène, sa joie de vivre et son dynamisme déferlent sur le public. Une seule recommandation allez la voir jouer, vous m'en direz des nouvelles. Elle mêle son jeu de guitare avec des cuivres histoire de rehausser la chaude ambiance générée par sa musique.

Elle a déjà tout d'une grande!



Au fur et à mesure que j'écris, essayant de résumer la façon dont je ressens les artistes, de nouveaux noms s'ajoutent à ma liste. En fait les femmes prennent la place qui leur revient dans la musique d'aujourd'hui. 

J'aurais pu largement compléter cet article avec beaucoup d'autres talents. Le choix des artistes cités est tout à fait subjectif. Vous pouvez compléter cet article avec vos commentaires et suggérer d'autres artistes. Je suis preneur ;)

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