Novembre 2013, Paris, rue du Faubourg Saint-Antoine. Nous avons rendez-vous avec Manu Dibango. Dans l’ascenseur qui mène à radio Africa N°1, son rire fracassant dégringole déjà des étages. Le célèbre saxophoniste camerounais vient de terminer l’enregistrement de son émission radiophonique hebdomadaire. « Je change de casquette là, s’esclaffe-t-il. C’est moi qui interviewait tout à l’heure, et me voilà interviewé ! » A l’occasion de la sortie d’un nouvel album, d’un livre et de concerts, ce grand monsieur célèbre ses 80 ans. Entretien.
Ce n’est pas la première fois que vous revisitez des standards du jazz et de variétés, comme sur ce nouvel album. Qu’aimez-vous dans cette démarche ?
Ce qui me plaît, c’est de me mettre dans la peau de l’interprète saxophoniste. Après tout, les Miles Davis et Louis Armstrong faisaient ça aussi. La Vie en rose…vous mettez ce que vous voulez dedans. Les standards que je joue dans cet album me sont familiers. J’ai travaillé quatre ans avec Nino Ferrer. J’ai connu Otis Redding quand il est arrivé ici. Cet album est en fait une balade à travers les gens que j’ai rencontrés, tout simplement. Je pense que la musique est quelque chose qui se partage. Le public s’y retrouve quand je joue des standards, mais ça ne m’empêche pas de jouer mes trucs à moi. Après, je fais aussi des créations, comme Kirikou. C’est une autre casquette encore. Auteur, compositeur, interprète. Je suis tout cela à la fois.