En 1977, la scène punk prétendait avoir la peau des dinosaures du rock. Clash, Sex Pistols, Buzzcocks et autres Damned n'avaient alors qu'une idée en tête: rayer les mastodontes issus de la décennie précédente de la carte. Mettre fin à la domination de Pink Floyd, des Who ou de Led Zeppelin. Ayant acquis le statut de semi-divinités auprès de leur public, ils étaient considérés comme les symboles de l'embourgeoisement d'une musique qui aurait perdu l'urgence et la spontanéité des origines. Trente-cinq ans après, force est de constater que les «dinosaures » ont plutôt mieux résisté aux ravages des années que leurs opposants punks. Non seulement leur règne n'a pas été compromis par les impétrants, mais leur pérennité est assurée, à mesure que chaque génération découvre leur legs colossal.